Athlétisme : Lamboni L. et C. Lare, comme Abebe Bikila, 50 ans après !

Les championnats d’Afrique U18 et U20 viennent de s’achever à Abidjan en Côte d’Ivoire. Plus d’une cinquantaine de pays y ont dépêché une délégation de jeunes athlètes. Le Togo y était représenté par cinq (05) athlètes, trois jeunes filles et deux (02) garçons.

Des résultats médiocres, à l’image des conditions de participation

Au final des performances médiocres, en deçà de ce que l’on aurait pu espérer. La raison ? un manque de préparation, de l’improvisation, des problèmes de ressources financières, et surtout des athlètes sélectionnés sur le tard, et parfois pris par surprise, pour les concernés. Pour les filles elles ont sur le 1500m (Ladi Lamboni et Céline Lare, voir photo à la une) et l’autre a disputé les 100 et 200 m. Aux 200m, une performance de 12 ‘’44 alors que les concurrents étaient à 11’’, un trop grand écart pour espérer quelque chose à ce niveau de la compétition.

Pour l’entraineur Amouzou Kokou : « certes elles ont battu leurs records personnels, mais c’est insuffisant à ce niveau…. Les enfants ont manqué d’entrainement, les enfants sont venus par surprise, ils n’étaient pas avertis, et le travail n’était pas suffisant pour prétendre à autre chose ». Puis quand on lui pose la question de savoir ce qu’il retient de cette participation, il répond : « beaucoup, beaucoup de leçons. Il nous faut retourner au pays et reprendre les choses à zéro, s’il le faut. On a vu les autres délégations…elles sont venus ici avec des enfants qui ont bien travaillé et performants. Nous sommes venus ici on dirait des aventuriers. Il nous faut beaucoup plus de travail… »

Céline et Ladi rentrent dans l’histoire malgré elles !

En dehors des problèmes financiers, qui sont malheureusement le leitmotiv de toutes les fédérations nationales du Togo, nos jeunes athlètes ont rappelé de bons souvenirs au public ivoirien qui a assisté aux courses.  En effet Ladi Lamboni et Céline Lare (Numéros 828 et 829) ont été les seules athlètes à avoir couru pieds nus rien qu’avec des chaussettes… Tout comme Abebe Bikila l’éthiopien il y a plus de 50 ans. A deux différences près, lui n’avait pas de chaussettes et avait remporté le marathon des JO de Rome ce jour-là. La légende veut que sur place Bikila essaye plusieurs paires de chaussures mais qu’aucune ne lui convienne, certaines lui donnant même des ampoules.

Interrogé sur les raisons d’une telle situation, voici la réponse du chef de la délégation togolaise, Kerem Souwalaye, 2è vice-président de la Fédération Togolaise d’Athlétisme. « C’est un problème interne. Je ne peux pas entrer en profondeur. Je viens de rentrer dans la fédération, il y a un et demi…je n’ai pas aimé. L’organisation de ce voyage n’a pas été à la hauteur. Nous sommes arrivés ici sans rien, équipements, Drapeau national, rien…. »

Des athlètes togolais presque « apatrides »

En effet, les athlètes togolais n’avaient pas le nom de leur pays affiché sur leur combinaison. On aurait dit des coureurs apatrides, ou des athlètes venus compétir à titre individuel sous la baniière d’aucune nation. Finalement, à écouter les récits des uns et des autres, ainsi que leur témoignage, le Togo était-il obligé de se rendre à cette compétition ? Fallait-il y participer à n’importe quel prix ? ces questions demeurrent posées et méritent d’être posées et des réponses idoines apportées. Pour l’heure, qu’il nous soit permis de remercier MM. Kerem et Amouzou qui ont, sans langue de bois accepté de parler de ce qu’ils ont vécu et dont nous n’avons ici dévoiler que l’essentiel, tant cela parait surréaliste que des athlètes partis représenter leur pays soient ainsi traités, et que l’image du pays soit ainsi exposée à fortiori.

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