Football : 2018 une année cauchemardesque pour le Togo

Que ce soit l’équipe nationale sénior, junior ou cadette, que soit les clubs en Ligue Africaine des Champions ou en Coupe CAF, les équipes de football du Togo bien que présentes à toutes les compétitions ont eu du mal.

En 2018, on était loin de cette période où les matches des Eperviers donnaient l’occasion de réjouissances et de soirées dans les « coins » branchés de Lomé.

A l’instar d’autres pays d’Afrique, le Togo est en course pour la CAN 2019. En compétition avec l’Algérie, le Benin et la Gambie. Sous la férule de Claude le Roy, les Eperviers peinent à gagner. Le technicien français semble visiblement avoir perdu la main et sa renommée en a pris un coup ! Sur 5 matches, les Eperviers n’ont glané qu’une victoire devant la Gambie, enregistré deux matches nuls face à la Gambie et au Benin. L’Algérie est restée la bête noire du Togo en 2018, deux défaites en autant de rencontres. Le summum fut l’humiliation infligée par Riyad Mahrez et ses coéquipiers en novembre à Lomé, 4 buts à 1.

La locomotive en panne, que peuvent les wagons ? Pas grand-chose …Au Tournoi de l’UFOA-B à Lomé, le Togo va à nouveau encaisser deux défaites synonymes d’élimination du tournoi avant de sauver l’honneur face au Burkina Faso 2 buts à 1.

Les espoirs, eux, n’ont pas fait le poids devant le Ghana à l’occasion des préliminaires de la CAN de leur catégorie. Les U 23 togolais ont tout simplement coulé et touché le fond, 5-1 pour les Black Meteors à Kumassi. La victoire 1 à 0 au retour à Lomé au stade municipal a néanmoins là aussi permis de sauver l’honneur.

Koroki Metete de Tchamba, Champion en titre, et Gomido de Kpalimé, vainqueur de la Coupe du Togo sont les deux clubs représentant le Togo cette saison en coupe continentale. Mais l’aventure n’as pas duré. Elimination dès le tour préliminaire.

Ceci étant, il ne faut pas occulter la bonne performance de l’As Togo Port qui a atteint la phase de groupe pour la première fois dans l’histoire du football togolais depuis que la compétition existe sous cette forme.

Qu’arrive-t-il donc au football togolais ?

Les avis sont divers et variés. Les premiers pointés du doigt sont les entraineurs des équipes nationales, dont le niveau est remis en cause, voire contesté. Le premier d’entre eux, le sélectionneur national de l’équipe nationale A des Eperviers. On lui reproche son arrogance, son attitude un peu trop indépendante vis-à-vis de Fédération Togolaise de Football, son peu de considération pour la direction nationale, et même son salaire, pour ceux qui sembleraient le connaitre….

Ensuite, les entraineurs des clubs Koroki et Gomido. Ces deux clubs, à bien y regarder ont fait appel à des techniciens étrangers en renfort…. Mais pour quel résultat ?

L’autre problème soulevé est celui de la planification. En effet une nette impression de pilotage à vue se dégage lorsque l’on scrute les résultats des différentes équipes. L’absence de Direction Technique Nationale digne de ce nom en est l’illustration parfaite. Les équipes togolaises n’ont pas de fond de jeu… quel système de jeu veut-ont pratiquer ? quel type de joueur (morpho type) la Direction Technique Nationale désire-t-elle former, pour quel football et à quel horizon ? Autant de questions qui sont sans réponses. Résultat, les équipes togolaises n’ont aucune identité, aucune personnalité et sont très peu dominatrices.

Les autres problèmes soulevés ont trait au niveau des  arbitres, à la qualité intrinsèque des joueurs…. Il faut effectivement reconnaitre que dans l’ensemble nos joueurs sont moyens. Les quelques rares qui émergent vont vite monnayer leur talent ailleurs, mais pas dans des championnats majeurs. Tout un débat, là aussi.

Pourtant tous ceux qui viennent au Togo et assistent aux compétitions de quartiers ou de jeunes font ressortir à chaque fois le potentiel énorme dont regorge le Togo. Qui trompe qui ?

Certes, toutes ses critiques sont recevables et même pertinentes. Mais, il est temps pour le Togo de se rendre compte des profonds dégâts causés par les crises à répétition survenues dans son football. Le sport roi aujourd’hui, en paye le prix fort et force est de reconnaitre qu’il faut une grande dose d’humilité pour l’accepter, retrousser les manches puis repartir à la tâche.

Jeter la pierre aux entraineurs, aux arbitres, aux joueurs, etc… sans prendre le problème à la racine ne fera qu’empirer les choses. Pendant ce temps, les autres pays avancent et travaillent…. Même si le Togo parvenait à battre le Bénin en mars prochain et réussissait à se qualifier pour la phase finale de la CAN 2019, ce ne serait que l’arbre qui cache la forêt. Et le cauchemar se poursuivra !

Padogb

Partager :