Football : Aissata Amegee, arbitre, épouse et mère

A l’état civil, elle est connue comme étant Aissata Amegee. Elle arrive à l’arbitrage volontairement et par amour pour le sport. Spécialiste du 100m et du 3000m, c’est donc une athlète qui fait ses premiers pas en arbitrage dans la sous-commission du CRA de Vo en 1995. Elle se décide à prendre la succession de son père qui partait à la retraite, et avec le soutien de sa défunte mère Maîmouna (qu’elle appelle toujours affectueusement maman chérie). Puis elle fait ses armes dans la sous CRA d’Adidogmé, plus précisément dans le district N°10 d’Aflao, dirigé par M. Akouété Nugblega. Elle se dit également reconnaissante envers M. Azanlekor Ameossina alors Président de cette sous CRA.

Une carrière influencée par le papa et couvée par la maman

Quand on lui pose la question de savoir si en tant que femme, il est difficile d’officier des matches d’hommes, elle répond : « en toute sincérité, le début de toute chose est difficile. Mais avec le courage et la détermination et la foi, j’ai trouvé cela plutôt facile. Je suis même plus à l’aise en officiant les matches de football masculins que féminins. »

En tant que femme évoluant dans un milieu majoritairement masculin, elle a été confrontée à beaucoup de problèmes. On peut citer notamment, les problèmes de personne, le harcèlement, la jalousie, l’envie et la persécution.

Interrogée sur son absence à la dernière CAN Total Ghana 2018 féminine au Ghana, elle nous fait savoir qu’elle a fait partie des présélectionnées, mais n’a pas figuré sur la liste définitive des participants à la compétition. Ceci pour des raisons qu’elle ignore encore jusqu’à aujourd’hui.

Participation à 5 Phases finales de CAN, à 3 coupes du monde et à 2 jeux africains

Néanmoins, Aissata Amegee, c’est 5 CAN dont la plus récente en 2016 au Cameroun. Au cours de cette dernière, elle a dirigé la finale entre le Cameroun et le Nigéria.

Par ailleurs, Madame Aissata Amegee peut s’enorgueillir d’avoir également pris part à 3 coupes du Monde et à deux Jeux africains.

Poursuivant notre entretien avec elle, nous lui avons posé la question de savoir quels ont été ses meilleurs et ses plus mauvais souvenirs dans sa carrière d’arbitrage. Voici sa réponse : « Mon meilleur souvenir est la finale des Jeux Africains d’Alger en 2007. J’y ai arbitré la finale. Mes plus mauvais souvenirs… en premier, le match éliminatoire de la CAN 2006 au Nigéria entre le Nigéria et le Sénégal, arrêté à la 75è minute suite à des jets de gaz lacrymogènes. C’était au moment du problème politique brûlant de la région du Delta. En deuxième lieu, c’est sur le plan national, une finale du tournoi Royal Cup entre Dyto et Agaza où j’ai été injustement accusée et suspendue pendant plusieurs années. »

Les jeunes filles ont besoin de plus de sensibilisation, de plus d’encadrement et surtout de moyens

S’agissant du football féminin, Aissata Amegee estime qu’il faut poursuivre la sensibilisation des jeunes filles à la pratique de ce sport, mettre les moyens à leur disposition, créer des infrastructures et faire un meilleur suivi. Au plan continental, elle recommande de s’inspirer des exemples du Ghana, du Nigéria, de l’Afrique du Sud, du Cameroun et de la Gambie qui ont pu élever le niveau du football féminin chez eux.

Au final, l’arbitre FIFA indique qu’elle a eu une carrière bien remplie puisqu’elle a eu la chance de participer à au moins trois coupes du monde ; le désir ultime selon elle, de tout arbitre. Elle s’estime donc bénie de Dieu et elle lui rend grâce tous les jours de sa vie.

A l’endroit de la famille du football, Aissata Amegee demande à tout un chacun de taire les différends et de travailler main dans la main, dans la sérénité et dans la justice sociale. Elle demande d’éviter les coups bas, la délation. Il est important poursuit-elle, de se faire confiance, de laisser gérer le football et surtout l’arbitrage par les gens qui s’y connaissent.

Une carrière d’arbitrage bien remplie et qui a fait la fierté du Togo

En fin de carrière le 31 décembre 2020, Aissata Amegee allie sa vie d’arbitre FIFA, d’épouse et de mère de famille de la meilleure des façons. Elle bénéficie de la compréhension de son époux, lui-même du domaine et donc au fait des contraintes, et avant cela du soutien de sa défunte mère. Malgré ses nombreux déplacements, elle reste toujours en contact et soudée avec ses enfants et leur père.

De la Sous CRA de Vo aux arcanes de la FIFA, une carrière d’arbitre bien remplie pour Aissata Amegee qui a fait flotter haut pendant plusieurs années le drapeau de l’arbitrage togolais dans le monde. On espère qu’elle aura fait des émules et que de nombreuses jeunes femmes lui emboîteront le pas.

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