Musique Africaine : De vie à trépas en un clip !

Que pensez-vous écouter de nos jours ? Dans vos casques, vos baladeurs, vos radios ? Dans votre bureau, votre taxi, votre cuisine ? Toofan ? Almok ? Serge Beynaud ? Davido ? Eddy Kenzo ? On ne vous a rien dit ?  Ce n’est plus de la  musique que vous écoutez. C’est juste une pile de sons qu’on vous fait croire agréables à l’oreille. Alors qu’en vérité (je vous le dis) il n’en est rien.

La musique Africaine, la vraie, est morte et enterrée. Elle est tombée du mur de sa gloire. Et les artistes d’aujourd’hui, ces nouveaux business-chanteurs n’ont pas pu recoller les morceaux. La musique africaine est au tapis, impossible, de la relever. Une chanson à succès de nos jours, c’est le même rythme, la même basse. Un tube à succès, ce sont des filles autour d’une piscine ; pratiquement dans la tenue d’Eve, prenant des poses qui les auraient fait lapider sous d’autres cieux… Au Nigéria, et pas seulement là-bas, Boko Haram n’est jamais loin… Surtout quand sa charia est charriée par ces tourneuses de reins.

Aujourd’hui, musique = danse. Les paroles sont très limitées ; Chez les artistes, le niveau de réflexion a baissé. L’inspiration musicale s’en est allé ! L’ordinateur reproduit l’échantillon du rythme le matin ; l’artiste prononce deux phrases le soir : – Lomé Cotonou, ça va tuer ! – Yayayé –  C’est fini, on a un morceau qui va cartonne. Le tube marche encore plus quand on ne comprend rien aux paroles. Ce n’est pas la chanteuse Togolaise Almok  qui nous démentira : « Non non non… nininonnon… dinging dingdong »… C’est du parler en langue ? Entre-t-elle en transe ?

Hier la musique apaisait l’âme soudain agitée. Aujourd’hui, elle agite l’âme en paix.

La véritable sentence de mise à mort de la musique noire a sonné quand les paroles sont parties. Si dans les années 80, on avait encore de véritables textes invoquant toute la romance, la culture et la réalité de notre continent, aujourd’hui les textes nous demandent juste de « coller la petite »,  ou de « manger le piment dans la sauce ». Plus rien de réfléchi à se mettre sous la dent, on nous demande de scander la même phrase et de danser. Pourtant à y regarder de près, on n’est pas loin de l’attentat à la pudeur….Bien dangereux. Inviter à coller la petite, c’est inviter au harcèlement et au viol (sans exagération). Faire de la femme, le piment dans la sauce de l’homme, c’est la dévaloriser et en faire un objet de plaisir. Nous vivons une époque formidable où l’impact psychologique de la musique telle qu’elle est  chantée et dansée, ouvre la voie à des extrêmes sur lesquels la société elle-même n’aura plus aucun contrôle. Le pire, c’est qu’on ne sait pas où les artistes comptent s’arrêter ; et jusqu’où leurs fans comptent les suivre. Les derniers tubes à succès aujourd’hui sonnent donc l’hallali de la musique africaine. Le seul et maigre espoir qui pourrait néanmoins subsister est qu’après sa mort annoncée, le miracle d’une résurrection survienne …. Mais quand ?

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