Handball : BIRAMAH Soufiana Laurent, le capitaine quitte son bataillon  

En matière de sport, comme dans d’autres domaines, le Togo ne manque pas de talents. Dans notre pays, nombreux sont ces athlètes qui ont porté fièrement les couleurs nationales au plus haut niveau mais qui sont restées totalement méconnues de la jeune génération. Ils s’éteignent les uns après les autres au fil des jours sans grand bruit et le pays continue de perdre de grandes figures et des combattants dont notre sport aurait énormément besoin aujourd’hui pour se relancer, se refaire et surtout s’inspirer; mais hélas !

Après Devo Féli, Puis Pedanou Alias Bomboko, Fo Nesto, Dagan Delia Kunya, le handball et le basketball viennent à nouveau de perdre une légende, un monument, une icône Biramah Soufiana Laurent, Fo Laurent. « Je ne dirai pas que le handball a perdu un grand homme mais plutôt toute une mémoire » c’est en ces termes que s’exprime Kinawo Ehon l’un des coéquipiers de Biramah en équipe nationale.

Qui était Biramah soufiana Laurent ?

Originaire de Agouè (Bénin), Biramah soufiana Laurent (debout ci-contre, 3è à partir de la droite) surnommé capitaine est le fils des feux Biramah Inoussa et Domingo Amoudatou. Il poussa ses premiers cris le 6 mai 1949 à Brazzaville au Congo. Issu d’une famille de onze enfants dont le père était fonctionnaire de la SCKN une filiale de UAC, Laurent fit ses études primaires à Brazzaville puis à la Cathédrale de Lomé.

Après son BEPC au Collège Randolph, Laurent poursuivi sa formation en Enseignement Technique au Lycée Technique de Lomé série F2, d’où il sort nanti d’un baccalauréat en Électronique en juin 1974.

Joignant sa formation scolaire à sa passion pour le sport, Laurent était une pièce maitresse au sein de ses clubs et de l’équipe nationale. C’est ainsi qu’en septembre 1974 après une brillante prestation à la première Coupe d’Afrique des Nations de handball à Tunis, il obtint une bourse OMS pour une formation en entretien et réparation des appareils médicaux.

La carrière sportive lui ouvre les portes de la réussite professionnelle

Pendant une année, Biramah Soufiana Laurent suit sa formation, à l’issue de laquelle débute une autre manche de sa vie, puisqu’il commence sa carrière professionnelle au CHU Tokoin en 1976 au Service Technique.

Amoureux du travail bien fait, de la bonne ambiance, il intègre le service technique de l’Union Togolaise de Banque (UTB) en 1979 par le biais de Klu Atsu Délanyo Christian (un ami du lycée technique et chef du service technique à l’UTB en ce temps). Ce nouveau service fût une occasion de retrouvaille entre des coéquipiers car Jacques Gabiam (un frère, un ami du lycée et du quartier et goal titulaire de l’équipe nationale de handball) était déjà cadre de la même banque. Si Laurent a été connu au plan national surtout pour le handball, il n’en demeure pas moins un redoutable basketteur.

Soufiana Laurent, un sportif et deux disciplines

Pratiquant le Basketball depuis le bas âge sur le terrain d’Atikpodji, Laurent découvre son amour pour le handball aussi. En déhors de son équipe du lycée technique, il évoluait depuis 1969 au handball au sein du club Essor de Lomé. Excellent dribbleur, il occupait souvent le poste de demi-centre partout et essaya souvent aussi l’aile. « Brillant dans les compétitions scolaires où il quittait dans la même soirée un match de basketball pour se rendre aussitôt au match de handball aux côtes de l’équipe du Lycée Technique » expliqua Jacques Gabiam (l’un de ses coéquipiers). Ce dernier ajoute que « pendant les trois années de Laurent au lycée technique, avec ses confrères Edorh Maurice et Gabiam Jacques, le titre de champion était toujours acquis à la fin de la saison ».

Des titres et des récompenses 

Multiples sont les trophées et récompenses remportés surtout au plan collectif par Laurent au cours de sa carrière. Au handball, Laurent et ses coéquipiers ont remporté le trophée Bruno Garcia (un tournoi amical entre le Togo, la Côte d’Ivoire et le Sénégal) à Dakar. L’on peut aussi citer des trophées tels que : la Coupe Fair Play de la deuxième Coupe d’Afrique des Nations à Alger en 1976 ; la médaille d’Or des Premiers Jeux de la CEDEAO à Lagos en 1977.

Plusieurs témoignages et histoires émouvantes de ceux qui ont connu et fréquenté Soufiana Laurent. Gabiam Jacques se rappelle encore que « Mr Biramah était un bon athlète, un grand coureur de fond très résistant quand il s’agit de faire des courses et des tours de piste ou de terrain ». Sa touche d’animateur et de comédien n’a échappé à aucune de ses connaissances comme Gabiam Jacques, Kinowa Ehon, Edorh Maurice, Amouzou Pascal pour ne citer que ceux-là.

Au sport comme au travail, Laurent est décrit comme une personne qui « entretient toujours une relation bon enfant et écarte très souvent tout foyer de tension ou de trouble qui peut casser l’harmonie du groupe ».

Biramah soufiana Laurent dit Captaine (depuis qu’il fut capitaine de l’équipe nationale de handball), a laissé derrière lui tout un bataillon de confrères, coéquipiers, épouse (Yovo Ameyo Agnès), son garçon, ses frères et sœurs, qui pleurent aujourd’hui sa disparition. Il laissera derrière lui le souvenir d’un grand homme, d’un homme bien, un rassembleur que l’humour n’a pas quitté malgré sa longue maladie et sa douloureuse convalescence.

Capitaine, tu manqueras beaucoup au handball togolais. Fo Laurent, toi dont le légendaire N°6 a été source d’insomnies pour beaucoup d’entraîneurs, repose en Paix et que la terre te soit légère !

AGBO love

 

 

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