Handball : Charles Ombouhoma, SG de la CAHB devant la presse

Le 2 mai dernier, M. Charles Ombouhoma, Secrétaire Général de la Confédération Africaine de Handball (CAHB) était l’invité de la presse internationale, regroupées sur une plateforme watsap. Il a évoqué la CAHB et son fonctionnement, les relations entre la CAHB et l’IHF, et d’autres sujets. Ahouevi.info était de la partie.

Journaliste : Monsieur le SG, comment passez-vous cette période de COVID 19 ?

Mr Charles Omboumahou : Cette période du COVID 19 nous pénalise tous. Nous sommes tous confinés et nous prenons soins de nous et j’espère qu’il en est de même pour vous. Nous souhaitons qu’au terme de cette période angoissante, nous puissions nous retrouver avec un grand plaisir et continuer notre activité au sein de la grande famille du handball.

Journaliste : Quel bilan faites-vous de la dernière CAN Sénior qui s’est déroulée en Tunisie ?

Mr Charles Omboumahou : Elle a été très bien organisée et c’est la première fois que la CAHB organise un tel évènement avec 16 formations. Et je pense que ceux qui ont suivi le déroulement de cette compétition majeure de notre institution ont pu apprécier le niveau des différents protagonistes et la qualité des rencontres (arbitres, délégués, athlètes…).

Nous pensons que tout le monde est d’accord avec nous que la CAHB a réussi cet évènement avec bien évidemment l’appui de la fédération Tunisienne de Handball qui n’a ménagé aucun effort pour organiser les choses comme la CAHB leur a demandé. Malheureusement, il y a eu une fausse note à la fin mais je pense que cela n’éclipse pas tout le reste qui s’est bien passé (véhicule à l’heure, restauration au point, les salles pleines…). Je pense que le bilan de cette CAN a été positif.

Journaliste : Avec cette situation de pandémie, le stage arbitre CAHB prévu en juin pourra-t-il se tenir ?

Mr Charles Omboumahou : La pandémie est encore là. Je pense que nous suivons tous les médias tant nationaux qu’internationaux et nous nous rendons compte qu’ailleurs dans les grandes nations qui ont beaucoup de moyens d’intervention (la France par exemple), la période de confinement a été prorogée sur deux mois et cela voudrait dire que les gens ont conscience que le danger est encore là.

Pour nous à la CAHB, la sécurité et la santé de tous est une priorité donc tant que la pandémie perdure, aucune manifestation, ni organisation ni formation ne pourra se faire donc la formation de juin n’est pas annulée mais elle est reportée.

Journaliste : En 2015, l’IHF avait organisé un séminaire pour les journalistes du handball au Qatar mais les critères étaient favorables pour les pays anglophones. Qu’envisage la CAHB pour les années à venir ?

Mr Charles Omboumahou : Vous savez tous que la CAHB entretien une collaboration agissante avec l’IHF donc nous pensons soumettre toutes ces préoccupations à l’exécutif de l’IHF qui verra de quelle manière donner satisfaction à nous qui sommes francophones.

Toutefois, le fait d’être francophone ne devrait pas être un handicap en soi pour être bloqué et partir déjà abattu en se disant qu’on n’a pas pensé à nous donc nous croisons les bras.

Au contraire, à partir de ce qui se fait là, essayer peut-être de voir avec les collègues bilingues s’ils peuvent nous aider dans la compréhension et la maitrise de ces sujets. Il ne faut donc jamais partir vaincu mais toujours essayer de rebondir, voir avec les autres collègues bilingues comment on peut collaborer pour pouvoir percevoir et bénéficier de ce déplacement et de cette formation.

Journaliste : A ce jour, quel bilan peut-on faire des activités de la CAHB ?

Mr Charles Omboumahou : Nous tous et surtout vous les amis de la presse êtes informés à travers les fédérations membres de la CAHB des programmes annuels que la CAHB publie suffisamment à l’avance.

Avant donc de remonter à la CAHB, renseignez vous auprès des fédérations des pays membres dans lesquels vous résidez pour savoir les activités prévues par la CAHB (pas seulement les rencontres sportives mais aussi des formations et autres que nous organisons en interne ou avec le concours de l’IHF). Je pense que pour ceux qui ont vu le programme de la CAHB au début de l’année, nous avons déjà tenu la principale activité qui était la CAN masculine à Tunis.

On devrait se rendre en Algérie pour les vainqueurs de coupes mais malheureusement cette pandémie est venue tout perturber. Je pense que la CAHB a réussi déjà à faire la première partie de son programme d’activités et le bilan est positif. Nous tous avons suivi les équipes qualifiées, nous savons que pour la première fois il y aura sept équipes qui iront au mondial et les autres savent désormais où est ce qu’elles se situent et quel effort il faut fournir pour recoller au peloton de tête.

Pour nous déjà c’est positif. Lors de notre précédente interview, je vous informais que nous avons un nouveau corps qui est celui des Event Delegate et à cette occasion ils ont fait leur baptême de feu lors d’une compétition majeure même s’il y a eu des compétitions antérieures de jeunes (je veux parler de la compétition de Niamey pour les juniors et les cadets dames) qui étaient des compétitions qualificatives au championnat du monde de la catégorie. Nous avons ensuite les clubs champions au Cap Vert et les Event Delegate étaient mis à l’épreuve.

Nous pensons qu’ils seront rapidement au point et la qualité de nos compétitions s’en ressent et donc plus besoin de s’attarder là-dessus au risque d’être superflu. L’essentiel du bilan aujourd’hui c’est que nos compétitions sont bien visibles, les retransmissions à la télévision passent très bien et mieux encore nos compétitions passent sur facebook avec un niveau d’audience très encourageant. Pour cela je peux dire que sur le plan de la communication, de l’organisation des manifestations, sur le plan des formations, la CAHB a fait d’énormes progrès qui sont visibles. C’est important de le savoir car la CAHB d’il y a 10 ans n’est pas la même aujourd’hui.

Journaliste : Monsieur le SG, décrivez-nous un peu le fonctionnement de la CAHB ?

Mr Charles Omboumahou : La CAHB est l’instance faitière du handball africain et son siège est à Abidjan depuis 1978. Il existe un accord d’établissement entre l’Etat ivoirien et la CAHB d’où la présence du siège à Abidjan.

En matière d’administration, le secrétariat général est basé là et tout fonctionne à partir des directions spécialisées telles que : la direction sportive avec des subdivisions spécialisées qui s’occupent des compétitions sportives, de la formation, des questions de qualification des athlètes etc. dont l’animateur est ASSEGNON ; la direction chargée des questions administratives et financières, des questions juridiques et des relations avec les organismes de sport ; la direction des communications et marketing. La CAHB est entrain de mettre un point d’honneur à développer sa politique de marketing parce qu’il faut en premier lieu améliorer notre visibilité.

Secondo, avoir des ressources additionnelles pour améliorer notre capacité d’intervention auprès de la grande famille du handball. Toutes ces directions sont coordonnées par notre brillante directrice Mme ALANGBA. Elles fonctionnent toutes en parfaite harmonie et la preuve en est que les sollicitations reçoivent une bonne réaction, une réponse diligente de la part du secrétariat. Il ne faut pas oublier que la CAHB en tant qu’institution fonctionne avec trois grands organes que sont : le congrès (qui a deux activités : le congrès travail et celui d’élection) ; le conseil puis le comité exécutif.

Je peux vous garantir que toutes ces instances fonctionnent en parfaite harmonie. La collaboration est vraiment parfaite (même si la perfection n’est pas de ce monde). Les délais de réunion, les informations, les plannings, tout est respecté et je pense aujourd’hui que sur ce plan l’on peut s’en féliciter et vous pouvez le constater.

Toutes ces structures travaillent en harmonie et ceci pour le bonheur et le rayonnement de notre discipline. Le handball africain doit avoir une organisation administrative de qualité pour coller au standard de l’IHF. Notre objectif est de réduire cet écart de façon à ce qu’il n’y ait pas de différence entre les compétitions de l’IHF et celles de la CAHB.

Journaliste : Que pensez-vous des naturalisations qui ont été faites au Congo et en Tunisie ?

Mr Charles Omboumahou : Pour cette question, nous devons savoir respecter nos textes. Le document officiel utilisé lors de nos compétitions continentales et qui fait foi est le passeport et nous n’avons apporté un quelconque doute sur un passeport produit par un Etat (c’est un premier aspect).

Le second aspect c’est que la CAHB pour éviter ces situations regrettées par endroit, demande à toutes les fédérations participantes à une compétition (CAN) de produire une liste (28 à l’époque et aujourd’hui 35) qu’elle transmet à l’IHF pour enrailler toute tentative de fraude.

L’IHF par son service de qualification et transfert fait les vérifications chez les autres fédérations (européennes, asiatiques, …) et c’est au vu de l’avis de ce service que la CAHB qualifie les athlètes. Si l’IHF nous a convaincu que les athlètes sont bien de la nationalité des pays qu’ils défendent, nous n’avons rien à dire là-dessus.

Journaliste : Quel bilan faites-vous des missions des travellers coachs sur le continent depuis ces six dernières années ?

Mr Charles Omboumahou : Nous sommes satisfaits car partout où ils sont passés, on a senti un début ou une nette amélioration de l’organisation, de la préparation et du comportement des équipes qu’ils ont eu à encadrer. Comme leur nom l’indique, ils viennent pour une période donnée, à une étape donnée de la préparation donc ne peuvent que compléter le travail en amont commencé par les nationaux et leur staff.

Ils n’ont pas un bâton magique pour transformer nos équipes en des championnes mais viennent améliorer par leur savoir les insuffisances qu’ils ont observé. Il faut louer justement l’apport de ces techniciens. Nous en sommes satisfaits et nous en ferons toujours la demande parce qu’il faut toujours chercher un œil extérieur pour juger ce que l’on fait.

C’est tout comme les élèves qui recherchent l’avis du professeur à propos de leur devoir. Sans cet œil extérieur, l’on ne peut s’autoévaluer au risque de n’avoir que des premiers et ce n’est pas possible que les 16 équipes soient tous premiers. L’action que nous menons est de prendre de bonnes habitudes et régulièrement le problème qui subsiste est qu’on fait toujours un peu de zèle, on estime que parce qu’on telle formation, entraineur de tel niveau, on ne peut donc plus accepter recevoir de formation en oubliant que nul n’est autosuffisant ni omniscient. Nous avons toujours besoin de compléter nos connaissances et c’est l’humilité même.

Aussi en rapport avec les coachs et l’encadrement technique des équipes, l’IHF vient de décider que ‘’ne pourra détenir le badge A sur le banc que les entraineurs qui auraient un niveau accepté et décerné par l’IHF’’ (ceci sera valable à partir de juillet 2021). Donc seuls les détenteurs de ce diplôme pourront manager une équipe en arborant le badge A.

Nous essayons de suivre et de coller aux objectifs de l’IHF. Et naturellement pour qu’en 2021 nous ayons ces types d’encadreurs, nous allons passer par des formations. Nous avons l’académie de handball de la CAHB qui va s’étendre un peu partout et tout cela concourt à l’amélioration des prestations de nos entraineurs pour mériter d’arborer le badge A.

Journaliste : Il y a-t-il beaucoup de problème d’âge au niveau des catégories de jeunes, que fait la CAHB ?

Mr Charles Omboumahou : Le problème d’âge est un problème délicat et nous n’avons pas encore trouvé le moyen d’y remédier. Mais la CAHB utilise comme document officiel lors de ses compétitions qu’elle organise le passeport. La personne peut être âgée, mais si l’âge inscrit sur son passeport correspond à la catégorie dans laquelle elle évolue, comment voulez-vous que nous puissions aller à l’encontre ?

Même si l’apparence physique dit le contraire du document officiel, nous sommes simplement désarmés. Nous y réfléchissons toujours et nous pensons que dès que nous aurons les moyens d’investigation suffisant, le comité exécutif ne manquera pas de saisir les fédérations membres et de les informer.

Journaliste : Les droits télévisuels coûtent chers, les Etats au sud du Sahara investissent peu ou pas dans le handball. Comment la CAHB entend-elle intéresser les télévisions des pays au sud du sahara ?

Mr Charles Omboumahou : En ce qui concerne le coût des retransmissions, comme je l’ai annoncé plus haut nos compétitions sont suffisamment planifiées à l’avance et aucune n’est annoncée un mois avant parce que dans son programme d’activité la CAHB situe les évènements dans le temps (par exemple elle donne les périodes, les pays éventuellement s’ils ont déjà été retenu).

Une fédération ou une radio ou une télévision qui est intéressée se doit de se rapprocher de la CAHB soit directement ou indirectement par le biais de sa fédération mais nous souhaitons toujours que cela soit coordonné par la fédération.  Pour nos compétitions, il y a un hôtel qui est mis à la disposition de la presse vu que nous avons besoin de ces amis pour une large diffusion de nos évènements. Ce n’est donc pas en travaillant en vase clos que nous allons faire aimer le handball, amener le maximum de pratiquant.

Cela passe toujours par les médias à travers les reportages et autres. C’est dans le but de rendre visible ses spectacles que la CAHB a un partenaire télé car aujourd’hui les compétitions sont des spectacles que nous vendons. Et pour mon pays le Congo, la proposition des références de diffusion n’a pas été bien accueillie et c’est un travail qui revient aux amoureux de la plume, du micro et des caméras afin qu’il y ait un intérêt national.

Il faut que nous travaillions main dans la main pour que vos efforts soient soutenus pour qu’on arrive à obtenir de nos Etats une grande diffusion des évènements du handball sinon le travail va se limiter à ces quelques pratiquants que nous avons. Or aujourd’hui il est prouvé que le handball est la seconde discipline à part le football à mobiliser des foules et la plus vue parce que largement diffusée.

On ne va pas attendre toujours qu’on nous donne, essayons de bousculer un peu nos autorités, nos instances pour que nos compétitions soient intéressantes. Et cette mission vous incombe avec l’appui de la CAHB.

Journaliste : Les compétitions prévues en 2020 sont-elles toutes reportées en 2021 ?

Mr Charles Omboumahou : Elles ne sont pas toutes reportées en 2021 car cela dépendra de l’évolution de la pandémie. Si la pandémie s’arrête rapidement, rien ne nous empêchera de poursuivre nos compétitions. En ma qualité de représentant du continent aux côtés du président de la CAHB qui est le vice-président de l’IHF, je dois dire que les compétitions 2020 de l’IHF que sont le championnat du monde des juniors féminins des moins de 20 ans en Roumanie et championnat du monde de la jeunesse en Croatie sont maintenues.

Donc tout n’est pas renvoyé à 2021 mais en fonction de l’évolution de la pandémie nous verrons comment rattraper certaines compétitions et nous tiendrons les fédérations et vous les amis de la presse informés au moment opportun pour qu’aucun ne soit surpris. La sécurité et la santé étant une priorité pour la CAHB, nous attendrons le temps qu’il faudra comme les autres institutions de la famille du handball pour reprendre nos activités.

Journaliste : Monsieur le SG, votre mot de fin ?

Mr Charles Omboumahou : Nous souhaitons d’abord que la grande famille du handball prenne soin d’elle-même en respectant scrupuleusement les mesures barrières édictées par les autorités sanitaires, suivre respectueusement les décisions édictées par les autorités nationales.

Tout ceci est pour notre bien même si cela créé de la gêne ou cause un peu de retard ou décale un peu nos activités qui nous ont toujours apporté beaucoup de joie et d’émotion, je pense que la première des choses est de respecter cela pour que nous puissions tous avoir le plaisir de nous retrouver comme le dit ce dicton « heureux nous nous sommes retrouvés, heureux nous pouvons nous séparer, heureux nous nous retrouverons encore ». Donc que chaque fois que nous nous retrouvons que ce soit avec un réel plaisir.

Espérant chers amis amoureux de la plume et du micro avoir répondu à vos attentes, nous restons disponibles pour vous informer en tant régulièrement des avancées et évolutions de notre discipline. Je vous remercie infiniment au nom du comité exécutif et au nom des membres du conseil de notre grande institution qu’est la CAHB.

Propos retranscrits par AGBO Love.

 

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